Les traitements de la chute des cheveux

L'alopécie connaît de nombreuses causes. Elle représente un motif de consultation très fréquent dans les cabinets médicaux. Il faut donc, avant tout, faire le diagnostic de la cause afin de proposer le meilleur traitement.

Tout d'abord, il est impératif d'éliminer une maladie générale.
Actuellement, l'alopécie qui entraîne le plus de consultations est l'alopécie androgénique de l'homme et de la femme. C'est pourquoi de nombreuses études hormonologiques sont en cours. Certains dosages hormonaux sanguins ne sont toujours pas utilisables en routine, mais ouvrent de nouvelles voies de recherche.

Outre le bilan endocrinien de routine, des dosages comme celui de la 5alpha réductase ou celui du récepteur des androgènes sont aujourd'hui possibles permettant ainsi d'affiner le diagnostic.
Les perspectives thérapeutiques ont terriblement évolué ces dernières années :
- nouveaux traitements hormonaux,
- Minoxidil,
- nouvelles techniques chirurgicales de micro-greffes.

Quelques chiffres
Le cheveu : planche anatomique
Quels sont les facteurs dont dépend la pousse du cheveu ?
Comment se déroule l'examen d'un patient atteint d'alopécie ?
Les traitements proposés
   
 
 
Quelques chiffres

Le nombre total de cheveux est de 150 000 environ : ce qui représente une surface, s'ils sont mis côte à côte, de presque 10 m2, sachant que l'on a environ 200 cheveux au cm2. Les cheveux se renouvellent 4 fois entièrement dans la vie.

Le cheveu : planche anatomique

Le cycle pilaire comprend 3 phases qui, toutes confondues, s'étendent sur 3 ans en moyenne.

  • La première phase dite de croissance (anagène) est celle durant laquelle le cheveu devient adulte; elle représente environ 80 % et dure 3 ans.
  • Puis la phase de transition (1 %) qui dure 3 semaines à peine.
  • Enfin, la phase de repos (télogène) (20%), qui dure 3 mois va voir la mort du cheveu.
    Il faut savoir que l'on perd 50 à 100 cheveux par jour.

Un examen permet de vérifier si tous ces pourcentages sont respectés : c'est le Trichogramme. On prélève en 3 points précis sur une chevelure non lavée pendant 5 jours de petites touffes à l'aide d'une pince. Chaque touffe est ensuite examinée au microscope. Selon la forme et les caractéristiques du bulbe, on peut ainsi déduire l'âge du cheveu. Selon la formule obtenue, on pourra identifier la cause et adapter ainsi le traitement.

On distingue, en gros, 3 formules :

  • Formule télogène : les vieux cheveux sont en majorité par rapport aux jeunes.
  • Formule anagène avec malformation : on est en présence d'une lésion de la matrice pilaire au tout début de la croissance du cheveu. Il s'agit le plus souvent d'une cause médicamenteuse (chimiothérapie) ou physique (rayons X).
  • Enfin, une formule mixte.

Quels sont les facteurs dont dépend la pousse du cheveu ?

1) tout d'abord, l'hérédité, bien sûr.

2) l'alimentation, ensuite, en sachant que la malnutrition induit vite une chute avec un affinement et une dépigmentation des cheveux. Certains acides aminés sont indispensables à la croissance des cheveux, notamment ceux contenant du soufre. De même, certains acides gras, certains métaux (zinc, cuivre) et les vitamines B5 et H essentiellement.

3) les facteurs hormonaux : Ce sont essentiellement les hormones m‚les et leurs dérivés, la principale étant la testostérone. Les hormones thyroïdiennes influencent également le cycle pilaire ainsi que certaines hormones hypophysaires.

Comment se déroule l'examen d'un patient atteint d'alopécie ?

Tout d'abord il convient de s'enquérir de l'âge de début de la chute des cheveux et de son évolution.

1. Quels sont les antécédents personnels et familiaux ?

Les circonstances de survenue :
- Prise de médicaments
- Maladies récentes
- Stress
- Pour la femme : les accouchements.

2. L'examen

Il se déroule toujours sur un cuir chevelu non lavé depuis 5 jours minimum. On pratique, entre autres, des tests de traction, ce qui permet d'évaluer l'importance et la réalité de la chute des cheveux. Enfin, un examen général à la recherche de maladies associées, suivi de la prescription d'un bilan biologique. Le médecin s'aidera alors d'un trichogramme.

3. Quelles en sont les causes ?

On élimine d'abord les cas des patients affolés un beau matin par la perte de quelques dizaines de cheveux négligée jusque là, de même que l'accroissement saisonnier et d'autres causes bénignes.

Ensuite, il faut différencier les causes de pertes rapides et abondantes des causes très progressives. Dans le premier cas, il peut s'agir le plus souvent d'une agression ou d'un stress tels que le procure l'accouchement ou une maladie infectieuse, plus rarement une cure d'amaigrissement trop rapide voire un grand choc émotif.

Certains médicaments bien connus sont à l'origine de ce type de troubles, comme la chimiothérapie anticancéreuse, mais le problème du diagnostic ne se pose pas, le patient étant prévenu. Beaucoup d'autres classes médicamenteuses peuvent provoquer ce genre de désagrément. La chute de cheveux qu'ils entraînent est heureusement toujours réversible.

Les causes de perte progressive de cheveux sont essentiellement la calvitie commune ou calvitie androgénique. Comme son nom l'indique, elle est liée aux hormones m‚les et se rencontre principalement chez l'homme. Chez la femme, elle est plus rare et moins franche. Elle s'améliore pendant la grossesse et redémarre après l'accouchement.
Il existe également toutes les causes de chute de cheveux liés aux atteintes chimiques et traumatiques, en clair, tous les produits utilisés pour teindre, décolorer, friser ou défriser. Même s'ils sont appliqués dans de bonnes conditions, si certains intervalles de temps ne sont pas respectés entre les différentes opérations, ils peuvent être responsables d'une chute des cheveux faisant suite à une altération de la tige pilaire.

Les traitements proposés

1. Traitements médicaux

A commencer par l'hygiène corporelle qui passe par les shampooings. La coupe des cheveux ne modifie pas par sa fréquence leur pousse. Elle n'enlève que les fourches. Le lavage, s'il se fait avec des shampooings de bonne qualité non détergents peut avoir n'importe quelle fréquence.
Prendre garde de ne pas mélanger deux types de shampooings dont les agents tensio-actifs ne sont pas semblables.

Il peut alors survenir de graves désagréments dans la texture du cheveu que seule la coupe pourra régler.
De nombreuses préparations magistrales sont censées stimuler la pousse des cheveux.

Elles sont utilisées quelle que soit la cause ; le résultat est plus qu'aléatoire.
De même, les produits anti-chute qui avec un taux d'intolérance faible restent la solution la plus demandée du public, même si les résultats ne sont pas toujours à la hauteur.

Le Minoxidil(r) localement ou par voie générale est un des traitements efficaces disponibles depuis plusieurs années.

Un dérivé hormonal, Propécia(r) ralentit de façon avérée le taux de chute.
On observe un arrêt de la chute de cheveux entre 4 et 6 mois et un début de repousse dans les meilleurs cas aux mêmes dates. C'est actuellement un des médicaments les plus efficaces dans la calvitie androgénique.

Parmi les médicaments pris par voie générale, il faut citer :
- la vitamine B5 ou acide pantothénique
- la vitamine H ou biotine
- la vitamine B6 et les acides aminés soufrés.
Il semblerait d'autre part que le zinc ait une action bénéfique.

Les hormones

- Parmi elles, on l'aura deviné les anti-androgènes car ils s'opposent au rôle alopéciant des androgènes. Ils ne peuvent malheureusement être prescrits que chez la femme car ils induiraient une féminisation chez l'homme.

- Certains diurétiques : les " spironolactones " ont une action antagoniste des androgènes, ce qui les rend également inutilisables dans le traitement de l'alopécie chez l'homme.

2. Le traitement chirurgical de la calvitie

a) La microgreffe

Les greffes de cheveux connaissent actuellement un regain d'intérêt lié à quelques nouveautés techniques qui ont bouleversé une pratique déjà très ancienne.

Les praticiens se heurtaient jusqu'alors à deux écueils :

  • D'une part, rendre la greffe efficace, pour cela elle doit porter sur un nombre suffisant de cheveux (il en existe environ 100 000 à 150 000 dans une chevelure moyenne),
  • D'autre part, la greffe doit être invisible à l'observateur même très proche, l'aspect "cheveux de poupée" doit être évité à tout prix. Par ailleurs, la zone frontière entre la partie supérieure du front et le début de la chevelure, que l'on nomme ligne antérieure, était jusqu'à présent le point faible des greffes, c'est à ce niveau que risquait de se produire la formation " en épis de maïs " typique. Aujourd'hui, avec la technique des micro-implants, on peut obtenir un aspect naturellement épars et la ligne antérieure peut être dessinée comme le souhaite le patient.

    Pour cela, on prélève sous anesthésie locale une bande de cuir chevelu dans une zone qui ne sera jamais atteinte par la calvitie, le plus souvent au niveau occipital. L'anesthésie se fait par infiltration de la zone de prélèvement à l'aide de produits anesthésiants couplés à des vasoconstricteurs évitant ainsi tout saignement.

    Le greffon de cuir chevelu est prélevé à l'aide d'un bistouri spécial à trois lames parallèles et inclinées de telle manière que l'on puisse obtenir deux bandelettes régulières et fines.
    Il suffira ensuite de redécouper avec minutie chacune de ces bandelettes.

Il ne reste plus dès lors qu'à préparer la zone receveuse avec le même type d'infiltration. Plusieurs méthodes sont utilisées aujourd'hui pour implanter les greffons :

  • Soit on pratique de petites incisions de quelques millimètres à l'aide d'une fine lame de bistouri, le greffon sera ensuite inséré dans la fente obtenue,
  • Soit à l'aide d'un appareil spécial, on prélève un cylindre de cuir chevelu de 1 à 2 millimètres de diamètre, laissant un orifice dans lequel le greffon trouvera sa place.

L'intervention absolument indolore dure en moyenne trois heures. Deux à trois séances sont habituellement nécessaires pour obtenir un résultat naturel.

b) Les réductions tonsurales

Elles consistent à enlever une partie glabre du cuir chevelu et y faire ensuite glisser les zones restées chevelues. Un large décollement est nécessaire de part et d'autre de l'incision. Plusieurs réductions tonsurales espacées de six semaines peuvent être envisagées.

c) Les lambeaux

Cette technique consiste à découper un lambeau de cuir chevelu et à lui faire effectuer une rotation sur lui-même afin de l'amener à occuper une zone glabre.

Avantage
Transfert immédiat d'une zone chevelue entière dont les cheveux ne tombent pas dans les suites opératoires. Création d'une ligne antérieure qui permettra de masquer la repousse d'éventuelles greffes de cheveux en arrière du lambeau.

Inconvénient
Esthétiquement dépassé par rapport à la demande de la clientèle. Risque de nécrose(perte d'une partie) lié à un manque de revascularisation.

d) Les expansions cutanées

Sous anesthésie générale, on introduit sous la peau un ballon de silicone muni d'une valve de gonflage.
Dans un deuxième temps, on gonfle le ballon au sérum physiologique, ce qui va distendre la zone donneuse de lambeau. Le gonflement se fait de façon hebdomadaire pendant trois mois. Enfin, le jour venu, on réalise la réduction de tonsure beaucoup plus aisément.

3. En conclusion

L'approche d'une alopécie commence par une analyse très précise et personnalisée du problème. L'attitude sera alors envisagée au cas par cas :
Temporiser par une abstention thérapeutique ou une prise médicamenteuse contrôlée régulièrement

ou

Mettre en route une stratégie chirurgicale associant souvent plusieurs séances de greffes et/ou des interventions plus importantes comme la réduction tonsurale ou le transfert de lambeau complet de cuir chevelu.

         
Clinique Haussmann Courcelles 37, rue de Courcelles 75008 Paris - Tel. 33 (0) 1 56 43 43 80 - Fax 33 (0) 1 56 43 43 83 - Contact
 
création : kaliko.fr